Les grands scientifiques honorés par l'UFR de Biologie

Charles Cléophile VIOLLETTE (1823-1898)

Un scientifique reconnu, doublé d'un homme public

Charles Viollette est né en 1823 à Quiry-le-Sec (département de la Somme).

Enseignant à la Faculté des Sciences de Strasbourg, Charles Viollette soutient sa première thèse de doctorat en sciences à Lille ; sa thèse traite des cristallisations de solutions sursaturées. Louis Pasteur, doyen de la Faculté des Sciences et Directeur des deux thèses de Charles Viollette, le nomme Professeur adjoint de Chimie à la Faculté des Sciences de Lille en 1856.

Entre 1858 et 1868, il assure des cours de chimie minérale et organique, sous la direction du doyen Jean-Pierre Louis Girardin, Professeur de Chimie, qui a remplacé Pasteur parti à Paris. Il publie des recherches auprès de la Société des Sciences, de l’Agriculture et des Arts de Lille.

Charles Viollette succède à Jean-Pierre Girardin à la chaire de chimie de la faculté de Lille en 1868. Il enseigne les cours de teintures et apprêts, et distilleries à l’Institut Industriel du Nord (Ecole Centrale de Lille) à partir de 1872 et jusqu’au-delà de 1895. Il « s'associe » à un négociant en graines de la Pévèle, et travaille sur le dosage en sucre et la sélection des variétés des betteraves ; l'agriculture de la région en est bouleversée.

A partir de 1873, il succède à Alexandre Paul Emile Giraudet comme Doyen de la Faculté des Sciences de Lille, fonction qu’il assume pendant 10 ans.

Par ailleurs, à partir de 1876, Viollette entame une carrière d’homme public. Il devient conseiller municipal de la ville de Lille sous l’autorité successive des maires André Catel-Béghin (1873-1878), Jules Dutilleul (1878-1881) et Géry Legrand (1881-1896) qui impulsa un programme de grands travaux d’extension de l’Université de Lille.

En effet, souhaitant répondre à la concurrence des facultés catholiques, la ville de Lille a pour projet de créer un grand centre universitaire régional regroupant à Lille les quatre Facultés de Droit, Lettres, Médecine et Sciences. Membre de la commission des écoles et rapporteur de ce projet, Viollette est chargé de défendre le projet auprès du Ministère de l’Instruction Publique (rapport du 28 mars 1877 et rapport du 20 août 1878).

Dans un premier temps, cette demande est rejetée par le ministère, suite aux protestations de la ville de Douai, qui refuse de perdre ses Facultés de Droit et de Lettres. Cependant le projet se trouve relancé à l’arrivée de Géry Legrand comme maire. Viollette, alors nommé adjoint au maire et responsable de l’enseignement, est missionné à Paris en 1886, avec un autre adjoint, Victor Meurein, pour défendre le projet auprès du Président du Conseil Charles Freycinet et du Ministre de l’Instruction Publique, des Beaux-Arts et des Cultes, René Goblet. Cette démarche est couronnée de succès car, par le décret du 22 octobre 1887, les Facultés de Douai et le siège de l’Académie sont transférés à Lille. L’inauguration du nouveau centre universitaire à Lille a lieu en novembre 1887 en présence du Ministre de l’Instruction Publique, des Cultes et des Beaux-Arts, Eugène Spuller.

Enfin, en tant que scientifique reconnu, Viollette est consulté par le maire sur un certain nombre de problèmes de salubrité, d’hygiène et de techniques.

Ainsi, tout-au-long de sa carrière scientifique et d’homme public, Charles Viollette s’est efforcé d’entretenir des liens forts entre ses activités universitaires et le monde socio-économique. A ce titre, il s’inscrit dans la droite ligne tracée par Kuhlmann et Pasteur. En promouvant et développant une chimie appliquée aux besoins des industriels régionaux, ces trois chimistes ont fourni les bases pour la création du futur Institut de Chimie de Lille.

Le laboratoire régional de recherche en agroalimentaire et biotechnologie créé officiellement en janvier 2015 porte son nom (Institut Charles Viollette) et regroupe des chercheurs issus des Universités de Lille 1, Lille 2, Artois, Littoral Côte d’Opale ainsi que l’Institut Supérieur d’Agriculture de Lille.

 

D’après « L’ASA et la Mémoire de la Faculté des Sciences de Lille et de l’Université Lille 1 »,

Actes du colloque du 15 septembre 2011, numéro hors-série.