Les grands scientifiques honorés par l'UFR de Biologie

Alfred Mathieu GIARD (1846 - 1908)

  • Zoologiste

 

Alfred GIARD naît le 8 août 1846 à Valenciennes et décède le 8 août 1908 à Orsay. Issu d’une famille de la bourgeoisie cultivée, il est fils de négociant en épicerie et petit-fils d’un capitaine d’infanterie. Il est très jeune passionné par l’étude des insectes.

 Après des études secondaires à Valenciennes, il entre en 1867 à l’Ecole Normale Supérieure (Paris) et devient licencié ès sciences mathématiques, physiques et naturelle en 1869. De 1869 à 1872, il est nommé préparateur de Zoologie au Laboratoire de Henri de LACAZE-DUTHIERS à la Faculté des Sciences de Paris. Il se rend souvent à Roscoff où Henri de LACAZE-DUTHIERS est en train de fonder une station zoologique.

 

         En 1872, il soutient sa thèse de doctorat ès-sciences naturelles « Recherches sur les ascidies composées ou synascidies ». De 1872 à 1882, il est nommé Professeur suppléant d’histoire naturelle à la Faculté des Sciences de Lille et enseigne également à l’Institut Industriel Agronomique et Commercial du Nord de la France. Il est chargé du cours d’histoire naturelle à l’Ecole de médecine et de pharmacie de Lille (1875-1876), puis du cours de zoologie (1879), pour devenir titulaire du cours de zoologie en 1880.

 

        En 1874, il installe, à ses propres frais, un laboratoire de biologie marine à Wimereux pour initier directement ses élèves au monde des invertébrés marins. Cette première station est en fait un chalet « Le Sorézien » situé dans les dunes, à proximité de la mer et de la rivière le Wimereux.

Notons parmi ses élèves Jules Bonnier, Charles Barrois, Jules Henri Barrois, Louis Dollo et Paul Hallez qui lui succède dans l’enseignement à l’Institut Industriel du Nord avant d’obtenir une chaire de Zoologie de la Faculté de Lille.

 

         En 1878, il devient Directeur du Bulletin Scientifique de la France et de la Belgique, revue où il publie avec ses élèves de nombreux travaux. En 1887, il est nommé Maître de Conérences de Zoologie à l’Ecole Normale Supérieure à Paris et membre consultatif des pêches au Ministère de la Marine. En 1888, le Conseil municipal de Paris crée à la Sorbonne un cours d’Evolution des êtres organisés, dont Alfred Giard est chargé et où il propage les idées transformistes néolamarckiennes et darwiniennes. Le cours est érigé en chaire magistrale en 1892. En 1889, il est nommé membre de la Commission Technique chargée de l’étude et de l’examen des procédés de destruction des insectes, cryptogames et autres végétaux nuisibles à l’agriculture. Il se marie en 1892 avec Annie Bond-Cook, trois enfants naîtront de ce mariage mais tous meurent précocement.

 

         En 1896, il est élu Vice-Président de la Société de Biologie et Président de la Société Entomologique de France puis membre de l’Académie des Sciences en 1890. En 1899, Alfred GIARD installe son laboratoire à la Pointe aux Oies, à la sortie nord de Wimereux, dans un bâtiment flambant neuf. De 1904 à 1908, il est élu Président de la Société de Biologie et préside en 1905 l’Association française pour l’avancement des sciences. En 1908, il est élu membre du Conseil de la Société de Pathologie Exotique (SPE).

 

         Les principaux travaux d’Alfred GIARD concernent l’anhydrobiose (vie ralentie par privation d’eau), l’embryologie (loi de condensation embryogénique dite loi de Giard), la poecilogonie (animaux d’une même espèce ayant une forme adulte semblable mais dont les larves sont devenues différentes par adaptation à leur milieu), la progénèse (reproduction à l’état larvaire), la néoténie (animal adulte conservant certains caractères infantiles) ; il développe une nouvelle discipline, l’éthologie (étude des mœurs des animaux).

 

Alfred GIARD a réussi à mettre en place une véritable école de biologistes lillois qui fut considérée très longtemps, et à juste titre, comme le principal centre de l’activité zoologique française par les plus grands naturalistes mondiaux.